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Article Excerpt Abstract
Some authors, including Richard Florida, believe that cities compete to attract talent and that the creative cities are the only ones with any real future. Our article aims at testing Richard Florida's hypothesis by which he argues that creative workers (artists but also professionals and other creative people) have a tendency to be attracted to and remain in cities that can be characterised as 'cool', where the population is open to multiculturalism and is tolerant. Based upon an exploratory survey of artists, we attempted to reveal the factors of attraction for this population and to test the hypothesis that the city, in order to attract and retain a high knowledge intensity, must be able to offer an urban climate that is favourable for attracting and retaining creative workers, offering a good quality of life and several options for career paths, notably in the artistic sector. The research allowed us to observe that the diversity and cultural environment in Montreal are advantages, as was the low cost of living, particularly in relation to the spaces of creativity.
Resume
Certains auteurs, dont Richard Florida, affirment que les villes se font concurrence pour attirer les talents et que les cites creatives sont les seules qui ont vraiment de l'avenir. Notre article vise a tester l'hypothese soutenue par Richard Florida, selon laquelle les travailleurs creatifs (artistes mais aussi professionnels et autres creatifs) ont tendance a etre attires et a rester dans les villes qualifiees de 'cool', ou la population est ouverte au multiculturalisme et tolerante. A partir d'une enquete exploratoire aupres d'artistes, nous avons voulu connaitre les facteurs d'attraction de ces populations et tester l'hypothese selon laquelle la ville, pour attirer les talents et maintenir une forte intensite de savoir, doit etre en mesure d'offrir un climat urbain favorable pour attirer et retenir les travailleurs creatifs, offrir une bonne qualite de vie et plusieurs occasions de carriere, notamment dans le secteur artistique. La recherche a permis d'observer que la diversite et la vie culturelle de Montreal sont des atouts, tout comme le faible cout des loyers, notamment pour les espaces de creation.
Introduction
L'economie du savoir a modifie les visions du developpement economique des villes et des regions. Le > a remplace les ressources naturelles et le travail physique comme outils de developpement economique et les villes cherchent comment attirer ce savoir, plus precisement les travailleurs qui le possedent. Certains auteurs, dont Richard Florida (2002), affirment que les villes se font concurrence pour attirer les talents et que les cites creatives sont les seules qui ont vraiment de l'avenir.
Dans une perspective apparentee, notre article repose ainsi sur l'hypothese que dans plusieurs secteurs de l'economie, la competitivite repose sur les avoir intangibles. On s'accorde generalement pour dire que le savoir et l'innovation sont des conditions majeures du developpent de la societe et des ressources critiques pour l'economie locale (Tremblay 2006). Ainsi, les pays qui possedent les stocks les plus importants de capital humain connaitraient des niveaux de vie superieurs (Romer 1989).
L'argument mis de l'avant dans cet article s'inspire des theses de Florida (2002) comme de Romer (1989). Nous voulons tester l'hypothese selon laquelle la ville, pour attirer les talents et maintenir une forte intensite de savoir, doit etre en mesure d'offrir un climat urbain favorable pour attirer et retenir les travailleurs creatifs, offrir une bonne qualite de vie et plusieurs occasions de carriere, notamment dans le secteur artistique. Nous nous interessons aussi aux carrieres artistiques parce que certains travaux conduisent a penser que les carrieres artistiques seraient les precurseurs des carrieres de l'avenir, puisqu'il s'agit de carrieres en quelque sorte nomades ou parfois precaires, un type apparemment appele a se developper dans plusieurs autres secteurs (Menger 2002).
L'hypothese soutenue par Florida est, en gros, que les travailleurs creatifs (artistes mais aussi professionnels et autres creatifs) ont ainsi tendance a etre attires et a rester dans les villes qualifiees de cool, ou la population est ouverte au multiculturalisme et tolerante envers les gais et lesbiennes (Florida 2002). Ensuite, le succes avec lequel une region urbaine peut generer et retenir une activite de creation depend de la qualite du lieu et des facteurs qui favorisent le bon voisinage et la cohesion sociale au sein de la communaute.
Nous avons traite ailleurs en detail des critiques de ces theses de Florida, qui sont nombreuses (Pilati et Tremblay 2007); nous ne reprendrons pas cela ici, mais nous avons voulu tester la theorie de maniere empirique, sans vouloir pretendre que ce test serait definitif, ce qui serait excessif. Toutefois, nous considerons que si la theorie de Florida a ete souvent critiquee sur le plan theorique (voir notamment Shearmur 2006; Naud et Tremblay 2006, ou Tremblay et Pilati 2007), elle a ete peu testee et merite une confrontation avec la realite, en raison de sa grande diffusion et du niveau relativement limite des tests empiriques auxquels elle a donne lieu, selon nombre d'auteurs, dont Shearmur (2006) et Kotkin (2000) entre autres. Ainsi, Kotkin (2000) et Kotkin et Siegel (1999) affirment que les talents (les auteurs rejettent le concept de classe creative de Florida) se preoccupent d'abord et avant tout du cout de la vie urbaine, du temps de navettage entre le lieu de residence et le travail et de la variete de loisirs familiaux offerts par la ville et que la these de Florida ne tient donc pas. Il est donc interessant de determiner quels sont les facteurs determinants pour les artistes notamment, d'autres groupes devant etre analyses par la suite.
Dans cet article, nous allons d'abord faire une breve presentation des theses qui ont inspire notre recherche, puis une presentation de Montreal et de la situation des artistes a Montreal et au Quebec, pour ensuite presenter notre methodologie et les resultats de la recherche.
La ville du savoir et la ville creative
La ville du savoir se definit generalement par une solide performance economique dans le secteur du haut savoir, la qualite du processus d'innovation, la disponibilite et le niveau de competences du capital humain et la richesse en termes de capital culturel et social (Tremblay et Rolland 2003; Tremblay et Tremblay 2006).
En plus, la notion de savoir dans une ville peut eter distinguee en fonction de son caractere >. Ainsi, selon Sacco (2005), la creativite aurait un role fondamental a jouer dans la croissance economique et sociale d'un systeme territorial, puisqu'elle permet d' >.
Selon Michaud (2003), il existe une relation entre le developpement du capital du savoir et la proportion de la population active d'une ville qui s'occupe a creer et inventer des connaissances et des produits nouveaux dans differents secteurs. A cet egard, dans son ouvrage The Rise of the Creative Class, Florida definit ces travailleurs du savoir comme la >, qui est composee d'un groupe tres diversifie et qui est present dans toutes les couches et tous les ages de la population. Pour developper le concept de >, Florida (2002) reprend certains elements d'une autre enquete realisee dans les annees 80 par Ray et Anderson aux Etats-Unis aupres d'environ 100 000 personnes. Dans leur livre intitule >, Ray et Anderson (2001) presentent les resultats de cette etude qui identifie une evolution radicale et un profond changement de societe fonde sur la presence des creatifs du secteur culturel (Pilati et Tremblay 2007). Le bassin des travailleurs du savoir est compose par des individus qualifies, qui sont attires par des emplois valorisant leur carriere et leur capacite de creation, et les travailleurs du secteur culturel sont au nombre de ces travailleurs creatifs.
Florida (2002) affirme que les creatifs representeraient 30 % des travailleurs et seraient aujourd'hui environ 38 millions aux Etats-Unis. Ils se diviseraient en un noyau > d'une part et un groupe de creatifs > d'autre part. Selon Florida toujours, le secteur creatif comprend quatre grandes grappes occupationnelles qui forment l'acronyme >; elles correspondent au secteur Technologique, aux activites des Arts et de la culture, aux activites Professionnelles et manageriales et aux activites d'Education. Il regroupe des individus travaillant dans les milieux de l'information et les sciences de la vie, dans le domaine informatique et mathematiques, mais aussi dans d'autres domaines tels que l'architecture, le design, les arts et le divertissement. Ce groupe est caracterise par un fort capital culturel et un modus vivendi fonde sur des valeurs d'individualisme et de meritocratie; de plus, ces individus attribuent une importance capitale au travail competitif et ouvert, stimulant et flexible, dans un contexte que Florida a qualifie de cool space, plus proche du sensemaking et de l'interaction entre les individus (Pilati et Tremblay 2007).
Selon Menger (2002), >. Cela se confirmera dans nos donnees puisque nous verrons que les travailleurs artistiques interviewes ont souvent un emploi intermittent et doivent donc faire preuve de flexibilite contractuelle. De plus, le deroulement de l'activite d'un artiste se presente generalement comme une succession de periodes de travail et de periodes plus ou moins longues de precarite.
Il faut rappeler l'importance de la theorie des reseaux et des liens entre les differents individus (Granovetter 1985). La theorie des reseaux sociaux (Lin 1982 ; Granovetter 1985, 1994 ; Burt 1995) permet d'apprehender la structure d'interaction des acteurs sur le marche de l'art et son incidence sur la dynamique d'insertion des jeunes artistes, un des aspects qui nous interesse ici.
La > represente une caracteristique marquante de ces individus....
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