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Article Excerpt Abstracts
M. SIMARD: "Areas with Low Population Density: A Challenge to the Development of Rural Areas in Quebec". [ >.] In the last 40 years, the rural world has received considerable attention on the part of experts in the Province of Quebec, the United States of America and Europe. But detailed studies on areas where the rural population is scattered have been scarce and far apart. Yet in the Province of Quebec, such areas represent a major part of rural areas. The distance between the localities, their small demographic size, the scattered households along country roads, the spacing of the houses in the same villages, the distance from the cities and the main roads--all these are clear signs of isolation and dispersion. This breaking up of the territory into scattered units has considerable negative impact on the economic development of the small communities as well as on the quality and quantity of the services that can be offered to the local population. The dispersion in rural areas hinders the composition and the evolution of demography as well as the quality and the conditions of life of individuals. Rural localities with a scattered population, that is, with a population inferior to 5 inhabitants per square kilometre, make up a particularly fragile segment of rural territory. In 2001 in the Province, there were 267 small scattered localities with a total population of 146,897 people. They amounted to 2 % of the entire population of the Province of Quebec, 21.5 % of rural localities, and 35 % of the socio-spatial territory of Quebec. The average population of such localities is 551 people. We find them in greater numbers in the northern and eastern parts of the Province.
Those areas are characterized by considerable disparities between other larger rural localities on the one hand and the rest of the Province on the other. The disparities clearly show their negative effects on the demography, the geography, the economy and the income. In fact, those areas with a scattered population have seen a decrease of 0.3 % in their population between 1991 and 2001, whereas all other categories of localities, including the total population of the Province, have been characterized by an increase.
For the entire segment of these thinly populated localities, the average distance to the nearest city is 51,9 kilometres, varying from 3 to 1 038 kilometres. This shows clearly the great isolation that affects this category of localities. From an economic point of view, it can be said that a large number of scattered localities are plagued by unemployment. This means that the number of unemployed is much higher than the national average. It can also be said that most of the small and isolated localities depend on an economy that rests primarily on the exploitation and transformation of natural resources. All the above problems are the result of a large number of factors such as topography, the locational pattern of the resources, the biophysical potential, the laws and mechanisms that regulate the economy, and government policies and priorities. To deal with structural problems, structural interventions are necessary.
For this reason, I would suggest five forms of interventions that could possibly help correct the structural malaise that plagues thinly populated and isolated localities: 1) to work towards a more evenly distributed population in the settlements; 2) to adopt new measures for a better harmonization of public offices; 3) to favour a better management and more rational exploitation of the natural resources; 4) to set up plans to improve the quality of the habitat with a view to protecting and preserving the architectural heritage; 5) to improve access to highways for certain isolated municipalities in the settlements. Policies of this kind would not only slow down but decrease the lack of balance in the rural settlements in Quebec and promote regional development. On the other hand, implementing such policies requires the implication of all socio-economic actors. Massive investments of capital would be necessary with a view to decreasing the socio-economic disparities between the small rural localities and the rest of rural Quebec, which is far from being the norm in the present National Policy for Rural Areas. Above all, what is needed is the political will to resolve the problems.
Resumes
M. SIMARD : >. Les milieux ruraux e faible densite representent une composante majeure de l'assiette socio spatiale quebecoise. Ce segment de l'espace rural souffre de profonds malaises dont le depeuplement, l'eloignement par rapport aux villes, le sous-emploi et la faiblesse des niveaux de revenus en sont les principales manifestations. En analysant, sur la base des typologies, les diverses caracteristiques socioeconomiques de ces milieux, cet article pose un regard nouveau sur la diversite du monde rural quebecois. Il vise e identifier differentes categories de disparites entre les milieux e faible densite notamment aux plans de la demographie, de la structure occupationnelle et des niveaux de revenus. Le diagnostic des inegalites territoriales constitue un exercice incontournable dans l'elaboration d'une eventuelle politique de developpement rural visant a les corriger.
Introduction
Depuis les 40 dernieres annees, le monde rural a fait l'objet de multiples travaux tant au Quebec, aux Etats-Unis qu'en Europe. Par ailleurs, les etudes portant explicitement sur les espaces a population dispersee se sont averees beaucoup moins nombreuses. En effet, hormis les recherches du Groupe de recherche interdisciplinaire en developpement de l'Est-du-Quebec (Bruno Jean, Clermont Dugas), de la Chaire en developpement des petites collectivites (Mario Carrier), de l'Institut des Maritimes (Maurice Beaudin et Donald.-J Savoie) et de quelques auteurs, peu d'ouvrages se sont consacres exclusivement a ce segment de l'espace rural comme cela a ete le cas en France avec des organismes tels que la Societe d'etudes geographiques, economiques et sociologiques appliquees, l'institut national de recherche agronomique ou la Delegation a l'amenagement du territoire et a l'action regionale. Or, les espaces a faible densite representent une composante majeure de l'assiette socio-territoriale quebecoise. La distance entre les localites, leur petite taille demographique, l'etirement du tissu de peuplement sur plusieurs routes de rangs, l'espacement des unites d'habitat a l'interieur d'une meme municipalite, l'eloignement par rapport aux villes et aux principaux axes de communication constituent autant de manifestations de cette dispersion. De plus, celle-ci a des impacts considerables tant en termes de developpement economique (1) et communautaire, d' amenagement du territoire que sur le plan de la disponibilite, de la qualite et de la quantite des services offerts a la population. (2) Enfin, cette dispersion influe fortement sur la composition et l'evolution de la demographie ainsi que sur la qualite et les conditions de vie des individus.
Dans la plupart des pays developpes, mais plus particulierement en Europe, le maintien des espaces a population dispersee constitue un enjeu important des politiques de developpement regional particulierement dans un contexte de forte denatalite. Au niveau national et des les annees 1969-1970, c'est a travers les Commissions du sixieme plan (la Commission de l'espace rural et la Commission nationale d'amenagement du territoire notamment--la France) que la question de la faible densite a ete formulee en termes de problemes d'amenagement du territoire. Encore aujourd'hui, ces milieux font l'objet d'interventions particulieres par le biais de programmes tels que la Loi d'orientation pour l'amenagement et le developpement de l'economie rurale (LOADT) ou la Liaison entre les actions de developpement de l'economie rurale (LEADER). Au Quebec, hormis la Politique nationale de la ruralite qui s'applique pratiquement a l'ensemble du monde rural quebecois, (3) il n'existe pas de mesures particulieres visant a corriger les problemes structurels dont souffrent les espaces a population dispersee notamment ceux lies a leur eloignement par rapport aux villes.
Quelles sont les principales caracteristiques des espaces a faible densite de population? Comment les disparites se manifestent-elles entre chacune de ces entites geographiques? Comment peut-on hierarchiser les espaces en cause? Voila autant de questions auxquelles nous tenterons d'apporter quelques reponses dans le cadre de cet article. La presente contribution a egalement pour objectif d'esquisser quelques pistes de reflexion concernant la mise en oeuvre d'une politique d'amenagement du territoire adaptee a la realite de ces milieux. (4)
A defaut de pouvoir analyser toutes les caracteristiques des espaces a population dispersee, nous nous attarderons sur quatre de leurs composantes les plus significatives a savoir: la demographie, les faits de localisation, (5) la nature de l'economie et les niveaux de revenus.
Methode et echelle d'analyse
Les milieux de la recherche scientifique n'ont toujours pas reussi a formuler une definition precise de la ruralite exprimant l'ensemble de ses dimensions geographique, sociologique, economique, fonctionnelle, perceptuelle, culturelle et methodologique. En fait, il existe pratiquement autant de definitions qu'il y a d'auteurs. Realite complexe, la ruralite refere a des espaces aux amenagements diversifies et a des communautes humaines vivant des situations socio-economiques fort differentes en raison de leur taille demographique, de leurs activites, de leur histoire, de leurs infrastructures de services, de leur localisation geographique et de leur culture.
Comme il n'existe pas de criteres d'application universelle pour identifier le fait rural, il importe donc de se donner une definition operationnelle de cette realite. Pour les fins de cet article, nous considererons comme etant rural, toutes les localites dont la population est inferieure a 2 500 habitants. En mettant davantage l'accent sur les structures occupationnelles plutot que sur la repartition spatiale de l'habitat, ce seuil nous apparait bien refleter la ruralite quebecoise. De plus, cette delimitation est couramment utilisee dans les travaux de differents chercheurs notamment dans ceux de nos collegues Clermont Dugas et Patrice LeBlanc. Plusieurs municipalites comprises a l'interieur de ce segment souffrent de carences notables aux plans de l'emploi et des services. (6) Certes, la taille demographique n'est pas la cause de tous leurs malaises mais il est indeniable qu'elle joue un role majeur dans l'etat de leur sante socio-economique. Ont ete exclues de notre analyse, les 31 entites territoriales de 2 500 habitants et moins qui possedent le statut de ville tel que defini par la loi des cites et villes. Ainsi, suivant ces criteres de definition, la ruralite quebecoise se compose de 932 localites en 2001 (7) lesquelles totalisent une population de 883 677 individus. Bien que ces 932 municipalites ne representent que 12,2 % de la population quebecoise, elles englobent neanmoins 68,5 % de l'espace municipalise de la province.
L'approche que nous avons preconisee integre differents aspects de la geographie et de la sociologie rurale. Le cadre physique, la population, le dynamisme de l'habitat, la structure de peuplement, l'organisation et l'amenagement de l'espace, les faits de localisation ainsi que les diverses caracteristiques socio-economiques constituent les principaux parametres utilises. Les typologies, l'etablissement de zones homogenes, l'analyse comparative de ces zones entre elles et leur mise en relation avec certaines caracteristiques socio-economiques contribueront egalement a l'identification de certaines interrelations. Les comparaisons par rapport aux moyennes regionale et provinciale serviront a mesurer la variabilite spatiale dans la distribution de certains phenomenes. La reference aux strates demographiques permettra d'etablir des distinctions entre milieux socio-economiques.
L'organisation de l'espace, les occupations, les services disponibles, les modes de vie et differents aspects sociologiques tels que le sentiment d'appartenance, le rapport au local et l'intensite de la vie relationnelle constituent les references usuelles au rural. Bien que la place relative a chacun de ces elements soit tres variable selon les auteurs, force est de reconnaitre qu'il existe une certaine unanimite a l'effet que les milieux ruraux soient couramment assimiles a des espaces a population dispersee. En ce qui a trait a la mesure de la dispersion, nous avons retenu, comme principal indicateur, les densites par unite de surface. Cellesci ont ete obtenues en divisant la superficie totale de la municipalite par sa population. Certes, nous sommes conscient qu'une telle mesure comporte plusieurs lacunes. L'une de celles-ci tient au fait que cet indicateur exprime mal la repartition spatiale de la population sur un territoire donne. En effet, la faiblesse des densites par unite de surface n'implique pas necessairement une dispersion de la population. a l'inverse, de fortes densites ne traduisent pas toujours une concentration du peuplement. Neanmoins, les densites representent une donnee incontournable dans l'analyse des diverses caracteristiques de l'organisation de l'espace. Cette variable s'avere notamment fort utile pour mesurer l'intensite de la charge humaine. Elle permet d'illustrer la dichotomie rurale/urbaine qui demeure particulierement significative dans les regions peripheriques du Quebec. De plus, elle evoque...
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