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Article Excerpt Depuis maintenant trente ans, les etudes canadiennes et les etudes quebecoises s'implantent dans les universites etrangeres, a la faveur d'une reorganisation de la recherche et de l'enseignement, d'abord aux Etats-Unis, puis dans les pays europeens et enfin ailleurs dans le monde, appuyees par la volonte affirmee des gouvernements du Canada et du Quebec de faire des etudes culturelles l'un des axes prioritaires de leur politique exterieure. Le developpement de ces reseaux, qui coincidait avec une double prise de conscience des identites culturelles canadienne et quebecoise, s'est pourtant heurte a de nombreuses difficultes methodologiques et pragmatiques, liees a ce que constituent ces etudes canadiennes et quebecoises, c'est-a-dire des >, ou ce qu'on appelle plus frequemment des >.
Le developpement du reseau des etudes sur le Quebec s'est ainsi realise a la confluence de facteurs organisationnels et politiques. Il s'est aussi developpe parce que la culture quebecoise apportait, dans les annees 1980 et 1990, des pistes de reflexion novatrices sur les problematiques identitaires, lesquelles repondaient a des preoccupations a l'etranger. Le rapprochement du Quebec a d'autres nations en situation de minorisation politique, notamment la Catalogne, l'Ecosse et la Wallonie, a permis de creer de nouvelles alliances et de nouveaux paradigmes d'interpretation. En matiere culturelle, les questions de l'engagement social, puis les concepts de transculture (Tassinari), de culture immigree (Micone) et d'ecritures migrantes (Berrouet-Oriol) sont apparus comme des axes fertiles qui arrivaient a jouxter les conceptions europeennes de la citoyennete a une situation migratoire americaine. Il est aujourd'hui paradoxal de constater que ces reflexions sur la mixite des cultures, sur leurs rapports transversaux ou, comme l'ecrivait Regine Robin, sur > qui, au Quebec, remettaient en cause les bases de la culture nationale, aient eu pour consequence de raffermir cette meme identite en la faisant connaitre et reconnaitre a l'etranger.
Maintenant que les etudes quebecoises sont arrivees a s'inscrire d'une maniere plus institutionnelle -- quoique toujours fragile -- dans les structures universitaires etrangeres, il ne faut cependant pas oublier que leur origine doit surtout a l'enthousiasme de chercheurs isoles qui se sont consacres au Quebec a la maniere d'explorateurs, sans soutien, ni reconnaissance. David Parris, du Trinity College de Dublin, soutient que > (198). Sans l'enthousiasme de piooniers, tels Lilian Pestre de Almeida au Bresil, Cedric May au Royaume-Uni, Jozef Kwaterko en Pologne, Ursula Mathis-Moser en Autriche, Jeanne Kissner et Richard Beach aux Etats-Unis et David Parris et Michel Martiny en Irlande, les etudes quebecoises n'auraient certainement pas connu cette rapide expansion. Au depart, il s'agit donc moins d'un appui structurel ou institutionnel que d'une volonte passionnee, et parfois, pour les carrieres individuelles, d'un engagement irraisonnable. Jean-Marie Klinkenberg rappelle pour la Belgique l'importance de cette deraison: > (84). La beaute du geste ne peut cependant masquer l'appui gouvernemental et la situation particuliere des universites europeennes dans les annees 1980, ni les problemes individuels et institutionnels que posent les etudes quebecoises et canadiennes, et de maniere generale tout programme pluridisciplinaire. En fait, l'examen historique du developpement des erodes quebecoises dans le monde a tout avantage a etre mis en parallele avec celui da, developpement des area studies aux Etats-Unis, notamment apres la Deuxieme Guerre mondiale, de maniere a comprendre les difficultes et les possibilites d'une insertion dans les programmes existants.
Le developpement des area studies aux Etats-Unis, apres la Deuxieme Guerre...
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