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Article Excerpt Abstract
Most of the ethnic groups living in Africa had already established territories before the European colonisation. The land they occupied therefore was theirs. But since one of the aims of European colonisation on this continent was the search for fertile agricultural soil, they dispossessed native people of their land where natural conditions were favourable for cash cropping. In fact, during the colonial period, ail metropolitan governments encouraged in their African colonies the creation of industrial agricultural companies in order to develop cash crops such as coffee, cocoa, banana, oil palm and hevea. These companies were often set up on several thousands of hectares of very fertile agricultural land which belonged to autochthonous populations. European colonisation in Africa therefore gave birth to the superposition of modern law (based on that of Western countries) and the traditional, customary or religious regulations of land ownership. In Africa, as far as management of land ownership is concerned, several laws co-exist, depending on each country's history. In principle, modern law over-rides other systems. But in practice, there is cohabitation between modern and traditional law. That is the case in Cameroon. Already during the colonial era, certain regions of this country were overpopulated, whereas in others like the Mungo basin, the population was small in relation to the available land. Good climatic conditions and rich volcanic soils favoured dense colonisation of the Mungo. This modern valorisation, characterised by the delimitation of the export farming peripheries, has monopolised the most fertile lands of the central part of this area in the form of a corridor. In others, to solve the problem of manpower in the plantations, some small farmers were transformed into agricultural labourers on their own land, whereas many other people left their villages and migrated to this pioneer front. This situation has given rise to land conflicts on peripheral lands. The arrival of migrants has not only accelerated demographic growth, it has also created and maintained confrontations between natives and migrants on marginal lands. It is on these undesirable soils that many new comers acquired parcels of land to cultivate and live on. However, it is also on these marginal lands that there is an imposed necessity for populations to practise at the same time subsistence agriculture and cash cropping. By tradition, land in Africa belongs to autochthonous people; so, the original inhabitants usually end up reclaiming their land. These reclamations more often lead to conflicts among many categories of actors. This article is aimed at understanding land conflicts in Africa, especially in the rich agricultural area of Moungo in Cameroon, where three types of conflict situations have been identified, i.e. the protesting and reclaiming discourse of the indigenous communities and the authoritarian dis- course of the state; conflicts between migrants and autochthones; and conflicts between natives and foreigners. The study demonstrates that from the colonial to post-colonial period, lands quarrels have often degenerated into inter-tribal confrontations in this pioneer front, and constitute a thorny problem that must be resolved in order to achieve a sustainable development of this region where rural activities and urbanisation are growing rapidly.
Resume
Avant la colonisation europeenne, la plupart de groupes ethniques vivant en Afrique avaient deja cree des territoires. Les terres qu'ils occupaient etaient leurs proprietes. Le but majeur vise par la colonisation europeenne sur ce continent etant la recherche des terres agricoles fertiles, les coloris avaient depossede les populations locales de leur patrimoine foncier la oU les conditions naturelles etaient favorables pour entreprendre les cultures de rapport. Presque tous les gouvernements metropolitains encourageaient dans leurs colonies africaines la creation des compagnies agro-industrieltes pour developper les cultures de rente tels que le cafe, le cacao, le tabac, la banane, le palmier a huile et l'hevea. Ces compagnies se sont approprie plusieurs milliers d'hectares des meilleures terres agricoles appartenant aux populations autochtones. La legitimation des terres expropriees s'est complexifiee, d'une part, selon le contexte historique de chaque pays, et d'autre part, du fait de la superposition sur la propriete terrienne des lois modernes (calquees de celles des pays occidentaux) et des regulations traditionnelles, coutumieres ou religieuses. En principe, dans chaque colonie c'est le droit moderne qui regit l'acces a la terre et la propriete fonciere. Mais dans la pratique, il y a cohabitation entre les lois modernes et traditionnelles. C'est le cas au Cameroun oU, a l'ere coloniale deja, certaines regions telles les hautes terres de l'ouest etaient surpeuplees, tandis que dans d'autres a l'instar du bassin du Moungo, la population etait numeriquement faible par rapport aux terres disponibles. Le climat pluvieux et surtout les riches sols volcaniques du Moungo avaient favorise une colonisation dense de la region. Cette mise en valeur moderne caracterisee par la delimitation des perimetres de cultures d'exportation, a accapare les meilleures terres fertiles de la partie centrale du couloir et genere des conflits fonciers sur les terres peripheriques. En effet, pour pallier les besoins de main-d'oeuvre dans les plantations, d'une part, les petits paysans locaux avaient ete transformes en manoeuvres agricoles sur leurs propres terres; d'autre part, les migrants avaient ete appeles en renfort. La venue des migrants a eu pour consequences non seulement d'accelerer la croissance demographique, mais aussi de creer et d'entretenir les affrontements entre autochtones et allogenes quant a l'appropriation des espaces non cadastres. La plupart de migrants y avaient acquis des lopins de terre pour produire de quoi se nourrir. Aussi, c'est sur ces terres marginales que la necessite s'impose aux populations de pratiquer simultanement les cultures vivrieres et celles de rente pourvoyeuses de devises. La tradition en Afrique que la terre appartienne aux autochtones, ceux-ci finissent tres souvent par reclamer leur patrimoine. Ces reclamations suscitent tres souvent des conflits entre plusieurs categories d'acteurs. Selon le contexte politico-socio-economique prevalant dans le Moungo, les conflits fonciers degenerent en confrontations interethniques. Cet article essaie au travers de l'analyse du processus de l'occupation du sol dans la region, d'interpreter les situations conflictuelles decoulant de l'evolution du droit foncier, et de demontrer que ces conflits entravent une gestion raisonnee des ressources dans les reserves foncieres. L'etude met aussi en exergue le fait que de l'epoque coloniale a post-coloniale, ces conflits constituent un obstacle au developpement durable de ce terroir en rurbanisation, oU la ruralite s'imbrique avec l'urbanisation acceleree des anciens bourgs de plantations.
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L'analyse de l'evolution des densites (1) de population laissent croire qu'il y avait dans la region du Moungo (figure 1) a l'epoque coloniale une apparente disponibilite en terres, et donc une facilite a delimiter des reserves foncieres occupees par la foret. L'Etat postcolonial s'est approprie ces reserves foncieres aussi denommees forets classees et y a reglemente la gestion des ressources et la propriete fonciere par le droit moderne. Mais depuis l'independance, ces espaces interstitiels sont prement convoites. Les textes de lois n'y ont pas toujours regule dans la pratique les confusions resultant de l'occupation des terres et de l'exploitation forestiere. Car le droit coutumier est ancre dans les moeurs des populations. L'appropriation des terres cultivables, qui sont en situation de rarete, y genere des competitions et des conflits. La coexistence de deux normes juridiques a cree et entretenu dans les aires protegees des litiges (2) opposant d'une part les autochtones aux allogenes (3) et aux neo-autochtones, (4) et d'autre part, l'Etat aux communautes rurales. Ces milieux, traverses de multiples contradictions internes, situes entre fermeture et ouverture, traditions et innovations, et soumis a diverses pressions externes, sont loin d'etre des havres de paix.
[FIGURE 1 OMITTED]
Le Moungo : un couloir de transit entre l'hinterland et la cote
Situe a l'ouest du Cameroun entre 4030, et 5[degrees] de latitude Nord; et 5[degrees] et 10[degrees] de longitude Est, le Moungo est une synthese physique et socio-economique du sudCameroun forestier (figure 1). Cette aire d'une superficie d'environ 3.700 [km.sup.2] abrite une population estimee en 1987 a 340.000 habitants. Cette region en forme de couloir se deploie en replats successifs entre...
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